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L'imagination au pouvoir

quand : 25/01/2018 - 19h00

lieu : SALT Galata, Arap Cami Mahallesi, Bankalar Cd. No:11, 34420 Beyoğlu, Istanbul, Arap Cami Mahallesi, Bankalar Cd. No:11, 34420 Beyoğlu/ , Istanbul

pays : Turquie

description

L’Institut français à Istanbul prend part à l’édition 2018 de la « Nuit des Idées », placée cette année sous le thème de « L’imagination au pouvoir ». Les rencontres se tiennent à Salt Galata, partenaire de cet événement. En parallèle, deux films et une exposition du photographe Ali Borovalı viendront donner un éclairage complémentaire à cette thématique.

Déroulé :

1/ Rencontre de 19 à 21h sur la thématique « Imagination et pouvoir »

Les printemps 68 voulaient porter l’imagination au pouvoir. Dans un pamphlet célèbre à l’occasion du 10ème anniversaire de Mai 68, Régis Debray estimait que c’était surtout le marché qui avait ainsi été porté au pouvoir, par la dérégulation imaginaire ainsi ouverte. De fait l’imagination dite créatrice ou recréatrice pilote aujourd’hui le design, l’urbanisme, l’industrie de la culture et du tourisme, et même la religion dont Paul Ricœur disait qu’elle formait le noyau éthico-mythique de toute culture, à la fois sa traditionalité et sa créativité.

Quelle place accorder à la fiction dans un monde bouleversé par l’industrie numérique ? La fiction est partout, sa puissance de critique, d’exploration et de configuration de nos réalités n’a d’égale que son pouvoir de mystification, d’illusion, de fuite hors du réel — ou de surenchère identitaire. Cette question est au cœur du politique aujourd’hui. On retrouve ainsi la question du printemps 68 : comment penser l’articulation entre le politique et l’imaginaire ?

La remise en question du roman national par l’intelligentsia française, jointe à la sécularisation accélérée de la société, si elles ont libéré la capacité critique, ont également provoqué une panne d’espérance collective. Que resterait-il de la chose politique si elle devenait orpheline de toute construction ou croyance imaginaire ? Quand on voit que le gouvernement français, pour faire accepter son appel au réalisme économique, doit s’inscrire dans une symbolique nationale (Jeanne d’Arc, le Louvre, de Gaulle), on devine que la question mérite d’être posée. Elle concerne au fond l’assèchement mythologique de l’Occident.

PAUSE DINER DE 21h À 22h

2/ Rencontre de 22h à 00h sur la thématique « L’héritage de Mai 68 vu de Turquie »

Le mouvement de Mai 68 a été l’un des événements majeurs de la seconde moitié du XXe siècle. Certes, il n’a pas modifié le cours du monde comme 1789 ou 1917. Il a pourtant ouvert la voie à des changements sociaux profonds tout en se diffusant subrepticement dans de nombreux pays. Il a par exemple favorisé l’antimilitarisme, l’antiracisme, l’égalité des sexes, et de manière plus générale a eu pour effet une  extension du champ démocratique, notamment en renforçant l’emprise populaire sur les décisions politiques et sociales.

Mais alors pourquoi Mai 68 n’a-t-il pas su s’imposer dans le champ politique ? Ce mouvement est-il exclusivement lié à une période, à une génération, à une date et à un lieu précis ? Ou au contraire, l’héritage de Mai 68 peut-il encore servir de source d’inspiration aux mouvements contemporains de lutte pour la liberté, en Turquie et ailleurs ? Peut-il nous aider à remettre en cause le modèle dominant de société patriarcale ? Comment se réapproprier ce souffle?

Afin de mieux comprendre l’héritage de Mai 68 en Turquie, les intervenants de cette deuxième table-ronde proposeront une relecture historique s’appuyant sur les codes culturels nationaux. Ils interrogeront également le pouvoir utopique des rêves. Que reste-t-il des rêves de Mai 68 ? Peuvent-ils inspirer de nouvelles formes de solidarité pour les jeunes générations ?

3/ Exposition en trois parties : Y a-t-il quelqu’un là-bas (24 janvier - 28 février)
Vernissage : Grande solitude à l’Institut français à Istanbul, le 24 janvier

Partout dans le monde, l’homme est de plus en plus entouré de contraintes et pris dans d’éternels cercles vicieux. Il se trouve coincé dans un environnement créé uniquement pour lui où tout se ressemble. Plus il possède, plus ses besoins augmentent et moins ses désirs sont satisfaits. À mesure que ses frontières s’élargissent, le vide qui l’entoure croit. Rapidement, son objectif de départ se révèle confus. Il devient de plus en plus l’esclave du système qu’il a inventé. Ceux qui résistent au tourbillon et sentent en eux la force de lutter se mettent alors à la recherche d’une issue de sortie. Il y a des portes que nous traversons. Au-delà de ces portes se trouvent nos espoirs, nos attentes, nos désirs. Et derrière ces portes que nous venons de quitter se trouve la solitude, notre amie la plus fidèle.

C’est grâce à cette solitude que l’on embrasse l’éventail des possibles permettant de se libérer d’une ville, d’un lieu, du temps, des habitudes ou encore de soi-même… C’est un choix assumé qui permet de sortir d’un état pour pénétrer dans un autre. Car chaque sortie n’est-elle pas aussi une entrée ? Et toute entrée, un pas vers la sortie ?

L’artiste photographe Ali Borovali présente simultanément dans les trois Institut français de Turquie (Ankara, Istanbul, Izmir) une trilogie intitulée « Y a-t-il quelqu’un là-bas ? ». Cette œuvre en trois séries distinctes a déjà connu un grand écho en Turquie comme à l’étranger. Elle traite du thème de la solitude, la plus grande impasse de l’homme. Ces trois séries ont été réalisées sur plusieurs années et sur une vaste zone géographique. Elles sont réunies sous trois titres principaux qui s’entrelacent et se soutiennent : « Grande solitude » (Istanbul), « À la recherche d’une issue » (Ankara) et «  La Route non empruntée » (Izmir).

Le public est invité à visiter ces trois villes pour découvrir l’exposition dans son entier.
Vernissage : «  La Route non empruntée » à l’Institut français d’Izmir, le 25 janvier
Vernissage : « À la recherche d’une issue » à l’Institut français d’Ankara, le 26 janvier

4/ Projections le vendredi 26 Janvier à l’Institut français d’Istanbul
19:15  : Des Femmes et Des Hommes (2015, 52’)
Documentaire réalisé par Frédérique Bedos
Sous-titrage en turc
20.30 : Tous au Larzac (2011, 120’)
Réalisé par Christian Rouaud
Sous-titrage en turc

intervenants

Régis Debray, Ecrivain, philosophe et haut fonctionnaire français

Olivier Abel, Philosophe et écrivain (Institut Protestant de Théologie à Montpellier)

Meltem Ahiska, Sociologue, prof. à l'Université du Bosphore

Ufuk Uras, Homme politique et écrivain

Murat Belge, Ecrivain, traducteur et universitaire

modérateurs

Ali Akay, Ecrivain, professeur de sociologie à l’Université des beaux-arts Mimar Sinan ( Istanbul)

Ayşen Uysal, Professeur à l'Université 9 Eylül

Site internet

http://www.ifturquie.org

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