Dans le cadre du renouvellement de sa programmation culturelle en lien avec le vaste mouvement de mobilisation citoyenne né le 17 octobre, l’Institut français du Liban a organisé, fin février 2020, durant quatre jours, avec des partenaires libanais de la société civile et avec le soutien de l’Institut français (Fonds d’Alembert) et de plusieurs Instituts français de la région, la première édition d’un « festival international des féminismes » de Beyrouth.

En réunissant, pendant 4 jours, à l’Institut français du Liban à Beyrouth, des activistes, des penseurs et des artistes de la cause féministe venus du monde arabe, de France et du Canada, et un public de plus de 1300 personnes, le festival international des féminismes a fourni une tribune publique pour le débat sur les droits des femmes et une vitrine pour la jeune scène artistique libanaise, sous une forme festive et engagée. Le festival était co-organisé avec l’actrice et militante féministe Joumana Haddad, ainsi que trois autres partenaires libanais (Lebanon Support, The Arab Institute for Women, l’Institut des sciences politiques de l’Université Saint-Joseph).

La participation d’une dizaine d’invités issus du monde universitaire et de la société civile, majoritairement venus du monde arabe, a permis de déconstruire un certain nombre d’idées reçues, d’échanger sur les voies et moyens mis en oeuvre dans les différents pays de la région pour déconstruire des sociétés encore fortement patriarcales et de créer des liens entre féministes de la région.

A travers des tables rondes, des conférences et des ateliers (programme complet ici), cette première édition, volontairement généraliste, a permis de revenir sur trois thèmes :

1) l’histoire riche et plurielle des formes de féminismes, avec un focus sur le monde arabe;

2) les moyens employés dans le monde et singulièrement dans le monde arabe pour remettre en cause les bases juridiques et sociétales du patriarcat;

3) la diversité des formes de l’engagement féministe contemporain, dans le contexte des printemps et des contre-printemps arabes.

Les table-rondes ont abordé une diversité de sujets :

  • Féminismes – Cent ans de contestation : continuités, divergences et mutations
  • Sortir des sociétés patriarcales : expériences croisées, mode d’emploi
  • Féminisme et droits de l’homme : un combat commun ?
  • Hommes & féministes : un engagement improbable ?
  • Féminismes dans les arts vivants
  • Défis contemporains : le rôle des femmes dans les révolutions et les mouvements sociaux aujourd’hui

Elles ont été complétées par une série d’ateliers abordant le sexisme dans le vocabulaire des médias et les outils juridiques pour une égalité des genres.

Une programmation artistique exceptionnelle a rythmé ces quatre jours de festival avec, entre autres, des impromptus artistiques présentés par des artistes libanaises (lectures, performance théâtrale), la projection en avant-première du film documentaire événement Women d’Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand, le seul en scène « L’événement » d’Annie Ernaux interprété par Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie française, une conférence et une exposition de l’artiste française renommée à l’international ORLAN.

Une quinzaine de partenaires médiatiques ont contribué à la fréquentation et à la visibilité médiatique de cette première édition, dont ARTE, venue réaliser un reportage sur Joumana Haddad. Cette manifestation a également déjà acquis une belle visibilité sur les réseaux sociaux.

Comme pour la Nuit des idées, cet évènement a permis un profond renouvellement des publics de l’Institut français du Liban: beaucoup de femmes, de jeunes, de non francophones, en complément du public habituel.

Fort du succès de cet évènement, l’Institut français du Liban a décidé de le pérenniser. La deuxième édition est programmée en novembre 2021 autour de la situation des femmes en temps de crise et autour de la problématique du corps féminin.

Responsable du projet : Alexandre Lemasson, Attaché pour le livre et le débat d’idées à l’Institut français du Liban